Miles Davis
Miles Davis est INTJ. Il a réinventé le jazz quatre fois (bebop, cool, modal, fusion électrique), non par agitation, mais parce que chaque système était un cadre complet, construit jusqu'à épuisement puis remplacé par le suivant. Kind of Blue a été enregistré en deux séances avec un minimum de répétitions parce que Davis avait déjà composé les structures modales dans sa tête et voulait que ses musiciens les découvrent sans idées préconçues : l'INTJ qui a construit l'architecture et mène maintenant l'expérience. Sa célèbre brièveté n'était pas de l'impolitesse, mais l'INTJ qui disait tout dans la musique et trouvait la répétition fastidieuse. Il a découvert Bill Evans, Wayne Shorter et Herbie Hancock, et a parfois été cruel avec chacun d'eux, parce que les deux faits viennent de la même source : une norme intérieure qui ne s'adoucit pas.
Miles Davis et l'esprit INTJ
Miles Davis est INTJ. Le type se définit par une hiérarchie de fonctions cognitives : non pas une liste de traits, mais une pile ordonnée de processus mentaux qui détermine comment une personne perçoit le monde et prend ses décisions. Chez Miles Davis, cette pile est menée par la Ni (Intuition introvertie) et soutenue par la Te (Pensée extravertie). Comprendre cet ordre explique non seulement ce que fait Miles Davis, mais pourquoi, et pourquoi ses réactions prennent cette forme sous la pression, dans ses relations et aux tournants de son parcours.
Miles Davis agit à partir d'un modèle intérieur privé que la plupart des gens alentour ne voient jamais entièrement. La fonction dominante est la Ni (Intuition introvertie) : un processus de synthèse des schémas qui travaille sous la surface et assemble les observations en convictions à long terme qui arrivent complètes plutôt qu'argumentées. Miles Davis sait souvent où va quelque chose avant tout le monde et agit en conséquence sans avoir besoin de s'expliquer, parce que le processus de la Ni ne s'extériorise pas facilement. La Te (Pensée extravertie) en auxiliaire canalise la vision en structures, en systèmes et en actions décidées : le modèle produit un plan, le plan produit des résultats, et les résultats sont évalués à l'aune du modèle plutôt qu'à l'aune de ce que les autres attendaient. Il en résulte une présence qui paraît sûre, indépendante et difficile à réorienter, et qui l'est généralement. La vulnérabilité est la Se (Sensation extravertie) inférieure : des réalités physiques immédiates que le modèle n'avait pas prévues peuvent prendre Miles Davis de court, ou l'amener à se couper dangereusement du monde immédiat en vivant entièrement dans l'architecture intérieure.
Ce qui fait de Miles Davis un exemple convaincant d'INTJ, ce n'est pas que chaque élément de la description du type s'y retrouve, mais que la pile de fonctions tient sous la pression. Dans les moments qui définissent son histoire (musique), les décisions sous stress, les erreurs de jugement, les rares moments de vraie évolution, le schéma reste cohérent. La fonction dominante est celle vers laquelle Miles Davis se tourne d'abord. La fonction inférieure est celle qui prend Miles Davis au dépourvu.
Comment l'INTJ perçoit le monde
Chaque INTJ fonctionne selon la même hiérarchie de fonctions cognitives. Voici comment cette pile se traduit dans la façon dont Miles Davis pense, décide et agit vraiment.
Miles Davis : ce que le profil INTJ explique
Dans son parcours (musique), le profil INTJ de Miles Davis n'a rien d'accessoire : c'est l'architecture de chacun de ses choix importants. La Ni (Intuition introvertie) dominante est la fonction en laquelle Miles Davis a le plus confiance et vers laquelle Miles Davis se tourne d'abord. C'est la source de sa compétence caractéristique, la raison de son efficacité quand efficacité il y a, et la fonction qui définit sa façon d'aborder chaque situation importante.
La fonction inférieure, la Se (Sensation extravertie), est le revers de la médaille. C'est la fonction la moins développée de la pile de Miles Davis, celle qui émerge sous le stress, dans les moments de vraie vulnérabilité ou aux tournants de son parcours, là où la compétence apportée par la fonction dominante devient soudain insuffisante. Là où Miles Davis échoue, où la surprise survient, où la situation dépasse vraiment ses moyens : ces moments impliquent presque toujours la fonction inférieure qui perce la structure qui la contient d'ordinaire.
La fonction tertiaire, la Fi (Sentiment introverti), agit en arrière-plan. C'est ce que Miles Davis utilise quand la dominante est mise à rude épreuve : un appui partiel qui peut faire passer Miles Davis pour un autre type aux yeux d'un observateur rapide. La souplesse apparente, la chaleur ou la structure occasionnelles qui semblent hors de son caractère : c'est la tertiaire à l'œuvre. La reconnaître comme tertiaire plutôt que dominante fait partie d'une lecture juste de la pile de fonctions sur tout le parcours de Miles Davis.
Pourquoi Miles Davis est INTJ, et non INFJ ou ENTJ
Miles Davis se voit parfois attribuer le type INFJ ou ENTJ. La confusion se comprend : on peut voir chez Miles Davis autant de profondeur intime qu'un INFJ ou autant d'élan extérieur et autoritaire qu'un ENTJ. Mais c'est en comparant les traits en surface que les erreurs de typage s'accumulent. La pile de fonctions cognitives est ce qui les dissipe.
Le critère décisif est la fonction dominante. Chez Miles Davis, c'est la Ni (Intuition introvertie). Chaque décision importante de l'histoire de Miles Davis (musique) peut se rattacher à cette fonction qui passe en premier : l'assurance, les angles morts caractéristiques, la texture particulière de ses réussites et de ses échecs. Le schéma correspond de façon constante à une pile menée par la Ni, et non aux autres hypothèses.
La preuve décisive : l'axe Te-Ni est déterminant. Les jugements de Miles Davis sont systématiques et tournés vers les résultats, et non avant tout relationnels (ce qui indiquerait la Fe de l'INFJ) ni fondés sur des données sensorielles présentes. La vision intime devance l'action, ce qui est Ni-Te et non l'inverse. Dès qu'on suit le comportement de Miles Davis non pas dans les moments anodins mais dans les moments décisifs (les décisions aux plus forts enjeux, les échecs les plus caractéristiques, les instincts qui émergent sous une vraie pression), la lecture INTJ reste cohérente, et les autres lectures obligent à écarter une trop grande partie de ce qui est réellement là.
La personnalité INTJ
Stratégie, indépendance et vision intérieure à long terme. Les INTJ construisent des systèmes, résolvent des problèmes à grande échelle et font confiance à leur propre jugement avant tout. Rares et souvent mal compris : on prend leur concentration pour de la froideur.